L’entrepreneuriat social vu par un étudiant… Un potentiel mis en veille

Etudiant à Paris 1 en coopération internationale, ayant grandi et étudié à Montpellier, j’ai découvert il y a peu de temps le milieu du social business. Et à moins d’être passé entre les mailles du filet, on ne m’a jamais entretenu de l’innovation sociale, que ce soit sur les bancs universitaires ou ailleurs.
C’est donc mon opinion sur cet ensemble abstrait que je vous livre ici.
Chers lecteurs experts, ne vous offusquez donc pas de mon ignorance, partagée souvent par mes pairs !

Grâce, ou à cause, d’un contexte actuel difficile caractérisé par une crise environnementale unique, une déstabilisation sans précèdent de notre système financier et un climat social tourmenté, nous redécouvrons une réalité immuable dont nous n’avions plus conscience : le monde change. Consommation locale, biologique, responsable, équitable… La société prend progressivement conscience de l’impact de ses actes d’achat, conduisant parfois à une véritable politisation de nos caddies.
Face aux consommateurs, les entreprises sont pointées du doigt. En effet, leur quête du produire moins cher et du profit maximal a joué un rôle important dans la tourmente actuelle. Mais une entreprise produit parce que les clients consomment, donc peut-être est-il temps de chercher autre chose que la confrontation. Sans attendre une douce romance entre Ronald McDonald et José Bové, des alternatives existent déjà : si la Révolution industrielle et la mondialisation nous ont permis de consommer et produire toujours plus et toujours moins cher, à quand l’avènement du « consommer et produire mieux » ?
Dans la tentative de combiner plus harmonieusement objectifs économiques et attentes sociales et environnementales, différentes théories et pistes de réflexion ont vu le jour : alter mondialisme, Economie Sociale et Solidaire (ESS), Social Business, Entrepreneuriat Social, Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE), citoyenneté des entreprises, développement durable… laissant entrevoir un éventail de dynamiques adaptées aux attentes actuelles. Mais entrevoir seulement… En effet, comment diffuser et confronter des modèles que seuls les aficionados du milieu semblent  maîtriser ? Ceux-ci craignent-ils de perdre leur exclusivité ou leur unité dans le débat?
En effet, des différences notables existent entre ces idées : au regard de la place accordée aux entreprises, à la défense de l’environnement ou du social, au respect des lois ou de valeurs éthiques… Tous ces termes ne se valent donc pas, et heureusement ! Chacun illustre une réalité, un modèle et des postulats distincts, qui peuvent individuellement faire écho à différentes attentes de la société.
Alors comment expliquer un écho aussi limité dans la société ? Une telle imperméabilité ? Comment expliquer que les consommateurs, pourtant en attente de ces solutions, ne les connaissent toujours pas ?
D’après moi, deux facteurs corrélés sont à mettre en avant. Tout d’abord, derrière les théories de l’innovation sociale, on retrouve un nombre restreint d’acteurs qui se caractérise par une grande diversité d’aspirations et de statuts qui favorise une confusion entre les différents termes du milieu. Théoriquement ouverts à une diffusion auprès du public de leurs idées, c’est donc finalement toujours la même intelligencia parisienne, œillères solidement fixées, qui jongle avec le lexique et se donne rendez-vous dans les nombreux évènements publics organisés : Conférences de l’Atelier, Social Workshop, TedX, Dc Connect…

De même, de trop maigres efforts sont faits pour informer et sensibiliser les jeunes et les étudiants de ces dynamiques, alors même que le milieu, friand de profils divers, constitue un champ d’étude nouveau pour de nombreuses disciplines. A contrario, chaires dans les écoles de commerce et associations universitaires se développent, mais c’est encore insuffisant, et seul un nombre restreint du potentiel de citoyens responsables est atteint.

Un effort réel de visibilité semble donc être la prochaine étape de l’affirmation de l’économie sociale, mais celui-ci ne prendra son sens que si une attention particulière est donnée dans un premier temps à la lisibilité des idées.
Les propositions et alternatives que propose le milieu de l’innovation sociale souffrent en effet d’un profond défaut de clarté et de publicité : la sémantique du secteur est une barrière à sa diffusion que l’expertisation ne semble pas résoudre. Le temps est donc certainement venu de sortir de l’hermétisme, de débattre avec la société de ses attentes et de lui montrer qu’elle est en droit d’exiger du sens dans sa consommation et ses activités.
Ainsi, il est temps pour les acteurs de l’innovation sociale de sortir de l’ombre, et d’assurer le double devoir de lisibilité et de visibilité, seuls garant de la diffusion effective de leurs idées.

G. Hugon

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